Visite de Clotilde - Déc. 2009 PDF Imprimer Envoyer

Décembre 2009 - Clotilde Nougaret rend visite à Roger - Voici le récit de sa visite:

" En décembre 2009, je me suis rendue à l'Unité de détention Allan Polunsky à Livingston, Texas, pour une série de 3 visites à Roger McGowen.

La première, le 17 décembre, fut une visite normale de 2 heures. A l'entrée, les contrôles furent assez stricts, mais nonchalants. Je n'ai le droit d'être en possession que de mon passeport et de 20 dollars en pièces, et absolument rien d'autre!
J'ai ensuite dû attendre plus de ¾ d’heure que Roger soit amené au parloir. Pendant ce temps, comme le font la plupart des visiteurs habitués, j'ai échangé quelques mots avec d'autres qui patientaient eux aussi, nettoyé avec un mouchoir le combiné  téléphonique qui nous permet de communiquer, inspecté le contenu des machines distributrices de boissons et de nourriture, et j'ai habillé mon cœur pour cette nouvelle rencontre...

Enfin il est arrivé! Il m’a impressionné par la présence et la joie qu’il rayonnait. Il était détendu et en bonne forme. Il m’a dit être juste incommodé par une petite allergie cutanée qu’il attribuait à un changement de produit de nettoyage de la prison. Rien de bien grave; mais il faut bien s'imaginer que chacun des petits tracas comme celui-là peut prendre des proportions considérables lorsqu'on est enfermé toute la journée dans une cellule quasi vide.
Les visiteurs n’étaient pas nombreux. La gardienne de la salle voulait absolument nourrir abondamment Roger qui s’en défendait, car il avait fait un pari avec un codétenu pour savoir lequel des deux perdrait le plus de poids avant Noël !!! Ce fut un bon sujet de rigolade.
Il me dira ces mots merveilleux : « Beaucoup ici voient leurs gardiens comme leurs ennemis. Moi, je les vois comme une mère ou un père, un frère ou une sœur, et je me conduis avec eux comme s’ils l’étaient ».
Les sujets abordés furent multiples et variés, toujours avec profondeur et humour.

Mes 2 visites suivantes (2 visites spéciales de 4 heures ) se sont passées dans le même état d’esprit de détente et de joie que la première. J’ai eu la chance d’être placée dans le premier box,  celui que je préfère à cause de la proximité des distributeurs: Roger les voit et peut choisir ce dont il a envie. Préféré aussi à cause de la proximité de la sortie (on peut se dire au revoir depuis le couloir) et absence d’autres visiteurs sur ma droite, gage d'une conversation plus au calme.  
Lors de nos conversations, il a évoqué la lenteur extrême du courrier, encore plus prononcée en ces périodes de fête. Un retard accumulé tant par le service postal de l'Etat que par celui de la prison. Nous avons beaucoup discuté de la notion du temps, de l’attente, de la patience, de la nécessité de vivre l’instant…
Il m’a aussi parlé de sa difficulté à accepter de devenir un homme public, du fait de ne pas avoir de vie privée, de sentir que beaucoup de choses sont faites pour lui, mais sans qu’il puisse donner son avis... De sorte que, parfois, il préfère laisser venir les choses plutôt que de les provoquer…
Il est heureux d'avoir de nouveau une radio (sa précédente lui avait été confisquée sans raison lors d'une fouille de cellules). Mais la réception était quasi nulle ces jours de fêtes et les chants et musiques de Noël lui manquaient.
Le 23 décembre, jour de son anniversaire, je me suis présentée tôt pour profiter au maximum de cette matinée courte du mercredi (le parloir ferme à midi ce jour-là). Les machines distributrices étaient tristement vides, compte tenu de l'affluence des deux jours précédents (pas de visite du 24 au 27 décembre). Roger espérait encore un éventuel remplissage des distributeurs qui sont généralement regarnis deux fois par semaine… mais cela n'a pas été le cas. Je n’ai pu lui offrir que la dernière salade de fruits en rayon, quelques snacks et un Honey Bun (petit pain au miel)…Nous avons alors imaginé deux énormes gâteaux au chocolat et à la banane (ses préférés) avec plein de bougies, je lui ai chanté « Joyeux anniversaire » en français et nous avons bien ri.
A midi pile, tout le monde fut mis dehors. Ce n'est jamais facile de terminer une visite... Une dernière pensée, un dernier mot... et je suis repartie le long du couloir vitré avec un grand signe de la main vers son sourire rayonnant."

 

Flash Info

Un nouvel article dans Libération

Une nouvelle chronique de Roger McGowen va paraître dans le journal Libération des 19 et 20 juin 2010 intitulée : "Les amis que je laisserai derrière moi"

Paraitra aussi le reportage d'Hélène Crié qui a rencontré Roger le 26 mai intitulé "de la mort vers la vie"

Et en fin de cette semaine (vers le 18 juin), un nouvel instantané compte-rendu de visite de Bernard Montaud sera mis en ligne sur le site.

 
Un livre en projet ! Appel à contribution

Roger et Pierre Pradervand vont collaborer ensemble étroitement pour la rédaction d'un nouveau livre qui présentera de façon plus précise le chemin spirituel de Roger (titre provisoire : Le couloir de la mort comme chemin spirituel).

Pierre demande à toutes les personnes ayant reçu des lettres où Roger aborde de façon approfondie un thème spirituel quelconque (l'amour, le pardon, le plan divin, ses luttes internes, etc.) et qui seraient disposées à les partager avec lui pour le livre, de lui en envoyer une copie, soit par courrier électronique (pierre@vivreautrement.ch avec la simple mention LIVRE ROGER) soit par la poste  (PP, 3, bl. James Fazy,  CH - 1201 GENEVE, Suisse)

Un très grand merci à toutes celles et ceux qui seraient prêt-e-s à collaborer. Les destinataires de toutes les lettres citées seront mentionnés dans le livre.

D'avance un très grand merci pour votre collaboration.